Le Petit Trianon
Paradoxalement à sa réputation qui la veut débauchée et libertine, Marie-Antoinette était au contraire plutôt puritaine voire prude, d'où sa célèbre querelle avec la comtesse du Barry, maîtresse affichée de Louis XV. Cela peut alors apparaître étrange que la jeune Reine affecte tant de vivre dans un lieu construit pour Madame de Pompadour, également maîtresse de Louis XV de 1745 à 1764. En effet, c'est pour elle que Louix XV ordonne sa construction d'après les plans de Jacques Ange Gabriel en 1762. La comtesse n'aura hélas pas l'occasion de voir le chantier terminé puisqu'elle décède en 1964 et que celui-ci se prend fin en 1968. Le Petit Trianon sera alors offert par le roi à Madame du Barry. A sa mort en 1774, elle est alors contrainte de quitter l'endroit.
Description du bâtiment
De style néo-classique, le Petit Trianon est un bâtiment carré possédant 3 étages, 5 fenêtres de façade, un toit en terasse, et une balustrade. Au premier étage, on trouve les appartements de la Reine et les pièces de réception. Celles-ci sont précédées d'une antichambre qui débouche directement sur une grande salle à manger avec un décor de boiseries sculptées de fruits, une cheminée en marbre bleu turquin construite par Jacques-François Dropsy et quatre tableaux sur la Nature (la moisson, la pêche, la chasse et les vendanges). Au centre de la pièce, une trappe est encore visible, témoin du projet de "tables volantes" qui aurait permis aux tables de monter depuis la cuisine jusqu'à la salle à manger pour éviter le contact entre valets et résidents, ainsi que pour préserver une plus grande intimité des convives.

escalier principal
Le Petit Trianon possède plusieurs autres pièces au premier étage : la salle de billard et le salon de Compagnie ou salon de Musique, où l'on trouve le chiffre de Louis XVI entrelacé de fleurs, autre petit clin d'oeil à la Nature.

Salon de compagnie
Ensuite, l'appartement de la Reine donne sur les jardins. Le mobilier a été commandé à Jacob, mais aujourd'hui, seuls les sièges sont authentiques. Le décor fait référence aux champs de blés, il est d'ailleurs appelé décor "aux épis".








appartement de la Reine
Salle à manger
Enfin, on trouve le boudoir de la Reine (décoré par les frères Rousseaux), possédant un ingénieux système de glaces mouvantes (réalisé par Mercklein et Courbin) permettant de remplacer les fenêtres par des glaces et de conférer à la Reine une certaine intimité, ainsi que le cabinet de toilette de la Reine.

Boudoir de la Reine
L'attique (deuxième étage) abrite une antichambre, l'appartement de Louis XVI (restauré en 1985, avec des tentures de damas rouge et un lit à la "polonaise") et un cabinet de travail donnant sur le jardin. Il est relié à l'appartement de la Reine par un petit escalier. Cet étage contient également les appartements des invités.

Chambre du roi
Le jardin à la française du Petit Trianon
En créant le Petit Trianon, Louis XV ordonne l'édification d'un jardin de style français entourant le château principal. Il est marqué par la symétrie, et des figures géométriques comprenant 4 bassins avec des statues d'enfants correspondant aux 4 saisons. Il fait construire une ménagerie pour accueillir les animaux de la basse-cour ainsi que des chèvres. Il confie également le nouveau jardin botanique à Claude Richard.
Louis XV souhaite l'édification de nouveaux bâtiments. En 1750, Gabriel s'emploie à mettre en place le pavillon français, lieu réservé à la collation et aux jeux ainsi que le salon frais pour les déjeuners d'été. Le pavillon français comporte un salon central octogonal et 4 autres pièces : cuisine, réchauffoir, boudoir, garde-robe. Son décor fait référence aux animaux, en particulier à ceux de la basse-cour.

Pavillon Français (extérieur) Pavillon Français (intérieur)
Louis XV commande une chapelle pour Trianon. Sa construction s'achève en 1773. Située au niveau de l'aile gauche du Petit Trianon, elle est de style néo-classique mais reste cependant très simple, comprenant un tableau de Jospeh-François Vien, des boiseries blanches, 4 colonnes doriques au niveau de l'entrée et un perron.

autel de la chapelle entrée de la chapelle
La jardin à l'anglaise du Petit Trianon
Dès que Louis XVI lui offre le Petit Trianon, Marie-Antoinette s'empresse de réhabiliter en partie le charmant petit château à son goût. Elle ordonne de nombreux travaux, qu'elle suit avec passion et impatience pour que le jardin soit de style anglo-chinois avec des formes irrégulières et une diversité de paysage et éléments pittoresques représentant la Nature au plus proche de ce qu'elle est réellement. D'abord, elle souhaite le transformer avec l'aide du comte de Caraman, de l'architecte Richard Mique et du peintre Carmontelle qui réalisent les plans. Il est réalisé par les frères Richard, jardiniers du Roi. Les travaux sont permanents, et ce n'est que la Révolution qui fixe le paysage. D'ailleurs, le jardin change tellement que le duc de Croÿ s'exclame : "Jamais deux arpents de terre n'ont tant changé de forme ni tant coûté d'argent !" Lac, montagnes, collines, rochers, grottes, ruisseau, allées et 4 nouvelles fabriques sortent de terre. La grotte est tapissée de mousse artificielle pour permettre à la Reine de se reposer seule quelques instants en écoutant le petit ruisseau couler.
En 1780-1781, Elle fait construire le Belvédère ou salon de musique par Mique pour écouter des concerts privés. De style néo-classique, de forme octogonale, il possède 4 portes et 4 escaliers, des frontons et bas-reliefs représentant la chasse, le jardinage et les 4 saisons. A l'intérieur, le sol est marbré.

Le belvédère
Elle prescrit également la mise en place d'une fabrique de style classique appelé Temple de l'Amour (1778). Il comprend 12 colonnes corinthiennes supportant un dôme. Les colonnes sont contruites sur une plateforme à laquelle on accède grâce à 7 marches. A l'intérieur, on trouve une sculpture de Bouchardon représentant "l'Amour se taillant un arc dans la massue d'Hercule".
Temple de l'amour

Reproduction de la sculpture de Bouchardon

Dôme du Temple de l'amour

Vues du Temple de l'Amour
Enfin, lasse de jouer sur des planches provisoires dans la galerie du Grand Trianon ou de l'Orangerie, elle décide de faire construire son propre théâtre au sein même du jardin de Trianon en 1778 encore et toujours par Mique. Le chantier est terminé en 1780 et la salle inaugurée le 1er juin. (voir article sur le théâtre de Marie-Antoinette à Trianon).

Le théâtre de Marie-Antoinette à Trianon
De même, à l'écart du Trianon, elle commande un "hameau", constitué par un ensemble d'habitations installées en milieu rural : 11 chaumières sont construites en 1783 sous les ordres de l'architecte préféré de la Reine, Richard Mique (voir article sur le hameau de la Reine).

Le Hameau de la Reine
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